LMi-MAG25 avril - Flipbook - Page 10
ENTRETIEN
Hélène BRISSET
directrice du numérique d’Ile-de-France Mobilités
par des opérateurs de transport, soit par d’autres
partenaires. Par exemple, le service Live, portant sur
l’information voyageurs sur le réseau ferré, est en cours
de développement au sein de SNCF Gares & Connexions.
Autre exemple : sur la base des données d’a昀툀uence issues des caméras en entrée de tunnels -, tant la SNCF
que la RATP ont développé un service permettant de
présenter le niveau d’a昀툀uence dans les rames.
Les missions d’Ile-de-France Mobilités
se sont étendues ces dernières années.
Quelles conséquences cela a-t-il sur le service
que vous dirigez ?
H. B. : D’abord, on ne parle plus d’une DSI, mais d’une
direction du numérique (DNum), créée il y a trois ans,
positionnée auprès de la Direction générale et qui est
centrée sur l’accompagnement à la transformation de
l’ensemble des métiers, avec aussi une interaction directe
avec les usagers, via l’app, ou via le numéro uni昀椀é. Nous
appuyons donc l’ensemble des missions d’Ile-de-France
Mobilités, dé昀椀nies dans la loi d’orientation des mobilités,
qui vont de la conception et du pilotage des transports en
Ile-de-France, de toutes natures, aux interactions avec
les opérateurs en passant par un rôle de garant de la
cohérence d’ensemble, raison pour laquelle notre marque
apparaît sur l’ensemble des moyens de transport. Il s’agit
donc d’un vrai changement de dimension par rapport à
nos missions historiques, tournées vers le 昀椀nancement.
On parle bien désormais d’une mission d’organisation
très opérationnelle pour la deuxième plaque au monde
en matière de transports, derrière l’agglomération de
Tokyo.
En appui de ces missions, la direction du numérique
travaille sur un certain nombre de socles communs
numériques. C’est par exemple le cas de la plateforme
Open Data, renfermant l’ensemble des données temps
réel, opérée et pilotée par Ile-de-France Mobilités et
alimentée par les di昀昀érents opérateurs. Dès 2025, les
informations issues de ce socle Open Data, nativement
disponibles sur l’app, seront aussi disponibles
directement aux arrêts de bus, qui dépendent pour
l’instant d’une chaîne de transmission plus ancienne.
Cet outil et d’autres sont développés par nos équipes
et mis à disposition de l’ensemble des opérateurs et
réutilisateurs.
Quelle est l’ambition du numéro unifié
que vous avez mentionné ?
10 / mars / avril / mai 2025
H. B. : En 2025, ce numéro, mis à disposition des
usagers, va permettre un accès aux 106 numéros d’appel
des di昀昀érents opérateurs, via une plateforme unique. Le
projet, ouvert en pilote sur les bus en grande couronne,
repose sur une IA permettant d’interpréter les demandes
des utilisateurs a昀椀n de les orienter vers le service le plus
adapté pour traiter leurs demandes.
Quel est l’impact de l’ouverture à la concurrence
pour la direction du numérique ?
H. B. : C’est une transformation majeure qui soulève
en particulier des questions d’interopérabilité sur des
verticales existantes, notamment celles des opérateurs
RATP et Transilien SNCF Voyageurs. Que doit-on
conserver ? Quelle IT pourra embarquer un opérateur
entrant, sachant que l’interopérabilité est indispensable
sur l’information voyageurs et la billettique ? Notre
conviction, c’est que l’IT doit toujours pouvoir rester
une source d’innovations quel que soit le contexte. Une
ré昀氀exion a donc été menée avec la RATP et Transilien
SNCF Voyageurs pour dé昀椀nir les communs numériques
à conserver, par exemple pour di昀昀user l’information
voyageurs sur l’ensemble du réseau quels que soient
la technologie et l’opérateur, ou pour remonter le
positionnement des bus. Nous travaillons déjà depuis
deux ans sur ce sujet avec la RATP et Transilien SNCF
Voyageurs. La première échéance étant fixée en
novembre 2025, pour l’ouverture à la concurrence sur
de premières lignes de bus.
Pour organiser les transports en Ile-de-France,
il faut en comprendre les grandes évolutions et
anticiper les mutations des usages. Comment la
data est-elle exploitée pour ces projections ?
H. B. : La direction prospective et études d’Ile-deFrance Mobilités est chargée d’analyser et anticiper les
évolutions d’usage des transports franciliens. Le Plan
de déplacements urbains en Ile-de-France (PDUIF), qui
fait partie des documents stratégiques validés par le
conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités, pose
ces anticipations pour les cinq à dix ans qui viennent,
alimentées notamment par un modèle de prévision de
tra昀椀c. La Direction du numérique intervient également
sur le sujet data, en particulier sur des données plus
chaudes, issues des échanges avec les opérateurs comme
les données temps réel de notre plateforme Open Data,
les données de validation, de tra昀椀c... Des exploitations et
analyses sont réalisées, par exemple sur l’in昀氀uence de la
météo sur la régularité, sur la qualité de fonctionnement
de telle ou telle ligne ou encore sur le maillage territorial.
Le travail de consolidation, de construction des tableaux
de bord interactifs, voire de modélisation est ensuite