LMi-MAG25 avril - Flipbook - Page 13
© J. C.
pour le quantique. Sur ce dernier, nous commençons à
regarder de plus en plus, car nous pensons qu’il va y avoir
un moment ChatGPT dans le quantique.
Quelles sont les problématiques à adresser
en matière de réseau sur le quantique ?
G. S. de S. M. : Nous nous intéressons tout d’abord à
la manière dont nous pouvons connecter deux ordinateurs, des chips ou des serveurs quantiques entre eux. La
raison pour laquelle nous travaillons dessus, c’est que la
capacité des systèmes aujourd’hui est relativement faible.
Si nous voulons avoir un ordinateur quantique utile, il
faut atteindre un million de qbits. Au rythme actuel, nous
savons que nous les aurons plus rapidement en agrégeant
plusieurs ordinateurs plutôt que d’attendre d’en avoir un
gros délivrant 1 million de qbits. Et donc la partie réseau,
en fait, c’est la partie datacenter du quantique, devient
clé. La question est de savoir comment je peux créer un
switch quantique pour faire transiter les informations et
les états des qbits en préservant la magie du quantique.
Deux sujets de travail mobilisent Guillaume Sauvage de Saint Marc
chez Outshift : l’évolution de l’IA et la GenAI vers la partie agentique,
et la partie réseau pour le quantique.
Où en êtes-vous dans vos travaux et sur quels
protocoles allez-vous vous appuyer ?
G. S. de S. M. : Cela fait quelques années que nous travaillons sur ce sujet, mais nous avons récemment ouvert
un laboratoire quantique à Los Angeles qui collabore
étroitement avec Outshift. Nous sommes par ailleurs
dans une logique d’écosystème en travaillant et en investissant auprès des start-ups. Concernant les protocoles,
je ne suis pas un expert, mais nous serons probablement
sur de l’optique et le transport de photons pour garder
l’intrication quantique. En sachant que nous avons un
temps limité, car l’intrication se perd au bout de quelques
millisecondes.
Est-ce que cela fonctionne aujourd’hui ?
G. S. de S. M. : Il y a des choses qui marchent au niveau
des principes quantiques. Mais la question est : comment
allons-nous l’industrialiser ? Nous ne sommes pas encore
prêts pour une industrialisation massive. Cela devrait
arriver, et pas dans dix ans, peut-être dans les deux ou
trois prochaines années. Preuve aussi que cela avance :
pour la première fois, j’ai commencé à mettre une équipe
sur le sujet de la partie control plane, comment nous
contrôlons ? C’est quoi un contrôleur d’un réseau quantique ? Le fait de mettre des gens sur ce sujet montre
que nous avons un pied dans la recherche, mais aussi sur
l’incubation et l’industrialisation. La bonne nouvelle sur
le control plane est que nous sommes sur l’informatique
classique, mais qui doit prendre en compte les spéci昀椀cités d’un environnement quantique.
Il y a un aspect sécurité avec le chiffrement
postquantique ; vous travaillez aussi dessus ?
G. S. de S. M. : Il y a des réglementations qui sont en
train de se mettre en place autour de ce sujet. Les EtatsUnis, à travers le NIST, sont en avance en ayant publié
des technologies recommandées pour que le chi昀昀rement
résiste à des attaques quantiques. [Lire l’intégralité de
l’entretien sur lemondeinformatique.fr]
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