LMi-MAG25 avril - Flipbook - Page 18
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RETOUR D’EXPÉRIENCE
Juridique
Pour collecter ces data et se conformer à la précédente directive,
la NFRD (non financial reporting directive), Sterne travaille depuis
cinq ans avec le logiciel ESG et extrafinancier Reporting 21.
La complexité de la CSRD provient aussi de certains
types de data complexes à collecter, voire inexistantes.
« Sur la dimension sociale par exemple, mais aussi pour
mesurer les émissions de CO2 des employés, la CSRD
demande une granulométrie au niveau de l’âge et de la
distance en kilomètre entre le lieu d’habitation et le lieu
de travail, du moyen de transport utilisé, raconte Loïc
Chavaroche. Ce sont des informations que nous ne remontions pas. » Le SIRH de Sterne téléverse déjà directement certaines data anonymisées dans le logiciel de
reporting RSE, mais l’entreprise a aussi dû mobiliser le
progiciel pour calculer le kilométrage parcouru quotidiennement par les employés pour se rendre sur leur lieu
de travail et en repartir. Et elle a rédigé un questionnaire
à destination des employés pour identifier les moyens de
transport qu’ils utilisent. « C’est un travail qui est réalisé
avec un niveau de granularité qui est celui de l’agence,
précise Loïc Chavaroche. Et à partir de là, la mesure peut
être calculée au niveau régional, puis national, puis d’une
business unit, etc. »
En 2023, le groupe Sterne a aussi par exemple cherché
à mesurer sa capacité à payer ses prestataires dans les
temps. « Une information dont nous ne disposions pas,
poursuit le directeur RSE. Ce travail sur le respect du dé-
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lai de paiement légal nous a demandé près de six mois !
Cette fois, nous avions la data, mais la comptabilité ne
savait pas la traiter. » Loïc Chavaroche précise que l’entreprise choisit uniquement des prestataires logiciels
certifiés ISO 27001 pour sécuriser les échanges de data,
car elle utilise beaucoup de solutions SaaS. « Nous avons
besoin de redondance, insiste-t-il. Et quel que soit le
cube utilisé, nous devons absolument penser à la réversibilité. Si un prestataire disparaît, nous ne voulons pas
perdre de la data ou la ressaisir. Nous gardons toutes les
données au moins cinq ans. »
Le groupe réalise sa gap analysis chaque année. Et il
faut à Sterne entre six et huit mois pour faire le point
sur la définition de nouveaux indicateurs, les évolutions
de méthodologie, etc. « Nous le faisons une fois par an,
tout comme la création des batchs pour les nouveaux
indicateurs », explique le directeur RSE. Dès le début de
l’année, le groupe réalise une précollecte des données,
et la collecte proprement dite à partir d’avril, pour une
finalisation des indicateurs dès septembre. « C’est une
forme de sprint itératif trimestriel, en quelque sorte.
Si la data ne remonte pas bien, je vais voir la DSI. Nous
trouvons une solution, et nous recommençons le processus. »