LMi-MAG25 avril - Flipbook - Page 3
ÉDITO
Europe : une souveraineté numérique sous dépendance américaine
’Europe, championne du monde pour la
régulation, reste paradoxalement totalement
dépendante des principaux fournisseurs
américains pour ses solutions informatiques.
Des logiciels aux serveurs, en passant par le
cloud et les terminaux, le Vieux Continent évolue dans un
écosystème largement dominé par des acteurs comme
AMD, Amazon, Broadcom, Google, Qualcomm, Microsoft,
Intel ou encore Nvidia. Cette réalité interroge : comment
une puissance économique de premier plan peut-elle
encore s’appuyer aussi massivement sur des technologies
étrangères ? Selon nos calculs basés sur les chiffres des
douanes françaises, en 2024, les importations depuis les
USA - sans comptabiliser les flux provenant directement
d’Asie - ont atteint près de 1,05 Md€ tous systèmes informatiques et composants confondus (mémoire, stockage,
puces, écrans, cartes électroniques, circuits imprimés...),
hors matériels de téléphonie.
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Là où les Etats-Unis ont imposé leurs normes et capté
l’essentiel des investissements en R&D, l’Europe est
incapable d’aligner des champions autres qu’Arm, ASML,
Dassault Systèmes, SAP, Schneider, Siemens ou Infineon.
Les nouveaux venus comme Mistral ayant encore tout à
prouver. L’absence d’un cloud souverain viable, la marginalisation de ses acteurs dans les semi-conducteurs
de pointe et la difficulté à émerger sur le marché des
logiciels d’entreprise traduisent un retard stratégique
inquiétant souligné par le récent rapport Mario Draghi.
L’indépendance technologique de l’Europe ne se décrète
pas, elle se construit. Tout comme la défense.
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cutt.ly/Abo-LMi
Serge Leblal
Directeur des rédactions
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