LMi-MAG25 avril - Flipbook - Page 37
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UNE TROP FORTE DÉPENDANCE
AUX FOURNISSEURS AMÉRICAINS ?
stockées sur les systèmes. Les décideurs IT de la banque
assurent que le retour sur investissement sera notamment amené par les services de maintenance et les automatismes apportés par les dernières versions de la base
Oracle. La migration doit aussi permettre de faire évoluer
les compétences des DBA Oracle de BNP Paribas. Bernard
Gavgani estime que le métier de ces derniers va évoluer
vers la gestion de « très grandes bases de données », en
lien avec les tendances qu’il voit émerger en matière de
data. « Notre écosystème de données évolue, souligne
le DSI. Nous faisons face à un océan de données, où se
côtoient des données temps réel, des données transactionnelles et des données archivées. De plus en plus,
ces trois typologies se mélangent en permanence alors
qu’elles étaient auparavant davantage confinées à des
domaines spécialisés. Et l’IA ne fait qu’apporter encore
un peu plus de confusion. »
La signature de ce contrat avec Oracle fait suite au
renouvellement de celui liant la banque à VMware. Selon
nos informations, l’établissement financier s’est engagé
avec le spécialiste de la virtualisation à hauteur d’environ 300 000 cœurs, pour un total supérieur à 100 M€.
Rappelons que la nouvelle politique commerciale de
VMware, sous la houlette de son nouvel actionnaire
Broadcom, a soulevé d’importantes réactions au sein de
la communauté des DSI, poussant Thales et Orange à
attaquer l’éditeur devant la justice.
Si BNP Paribas a opté pour le contrôle du
chiffrement de la donnée sur ses systèmes
Exadata, avec des clefs à sa main, le choix de
systèmes managés, proposés par un fournisseur
américain qui plus est, pose évidemment quelques
questions. En matière d’application des lois
extraterritoriales américaines en particulier. « Il nous
fallait surtout prévoir comment nos équipes allaient
opérer si nous nous trouvions dans l’obligation
de couper toute connexion vers l’extérieur,
indique Bernard Gavgani, le DSI groupe de BNP
Paribas. L’important en pareil cas, c’est qu’une
équipe européenne puisse prendre le contrôle
du système. » Malgré le contexte géopolitique,
marqué par l’augmentation prévisible des tensions
commerciales entre les Etats-Unis et l’Europe, dues
à l’arrivée de l’administration Trump, le DSI semble
écarter tout renforcement du risque en la matière.
« Pour l’instant, je ne vois pas les Etats-Unis tordre
le bras aux grands acteurs américains de la tech
[pour accéder à des données con昀椀dentielles
d’entreprises non américaines, NDLR], mais j’espère
avoir raison en la matière », dit-il.
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