LMi-MAG25 avril - Flipbook - Page 43
Qu’est-ce que la DEE
(directive d’ef昀椀cacité énergétique) ?
L
e mois dernier, la rédaction du Monde
Informatique exposait les défis auxquels vont
devoir faire face les opérateurs de datacenters
pour refroidir leurs équipements qui subissent
une explosion des charges liées à l’IA Gen. Et pour cause,
ils deviennent trop énergivores. Selon les chiffres de la
Commission européenne, les datacenters représentaient
2,7 % de la demande d’électricité dans l’EU des 28 en 2020.
Cette demande pourrait atteindre les 3,2% en 2030. A titre
indicatif, la consommation d’électricité des datacenters
dans l’UE a déjà augmenté de plus de 42% entre 2010
et 2018. Qu’en sera-t-il réellement en 2030 avec un
usage massif de l’AI Gen ? D’un côté les workloads IT
augmentent, de l’autre, les pouvoirs publics mettent la
pression sur les entreprises pour réduire leur empreinte
carbone, notamment avec la directive européenne sur
l’efficacité énergétique (DEE). « La dernière version de
la DEE de l’Union européenne d’avril 2024 vise à réduire
davantage la consommation d’énergie et à promouvoir
encore plus la recherche d’efficacité énergétique dans
les datacenters », admet d’ailleurs Séverine Hanauer,
directrice segment stratégique télécom et déploiement
edge chez Vertiv pour l’Europe du Sud. Adoptée en juillet
2023 par l’Union européenne et entrée en vigueur en
2024, cette loi concerne directement les datacenters.
« Les Etats membres peuvent apporter des spécificités
à ces transpositions, ce qui peut influencer le nombre
de datacenters concernés. La France a adopté la version
européenne mais n’a pas encore adapté une version
française de la DEE. Cela dit, les hyperscalers et les
grands opérateurs de cloud sont probablement les
premiers concernés », précise Alison Matte, responsable
du développement durable et du marketing EcoStruxure
IT de Schneider Electric.
Des informations à fournir pour les datacenters
de plus de 500 kW
Quels datacenters cible la DEE ? Depuis octobre 2024,
la DEE oblige les exploitants de datacenters de plus de
500 kW à fournir des informations (superficie du centre
de données, puissance installée, trafic annuel de données entrant et sortant, quantité de données stockées et
traitées). De plus, les opérateurs doivent publier les performances du datacenter au cours de la dernière année
civile complète (consommation d’énergie, utilisation de la
puissance, points de consigne de température, utilisation
de la chaleur résiduelle, de l’eau et de l’énergie renouvelable). Ensuite, les sites de 1 mW et plus doivent exploiter
leur chaleur résiduelle pour chauffer des bureaux, des
bâtiments ou pour d’autres applications de récupération d’énergie, à moins que cela ne soit techniquement
ou économiquement irréalisable. L’objectif étant de
favoriser l’économie circulaire et de réduire les besoins
d’autres énergies, notamment fossiles. En parallèle, les
datacenters doivent privilégier les sources d’énergie
renouvelables pour leur consommation d’électricité,
leur permettant de réduire leur empreinte carbone et
de contribuer à un mix énergétique plus durable. Enfin,
pour diminuer leur consommation d’énergie, les exploitants doivent optimiser leurs équipements comme
80% DES ENTREPRISES SORTENT DÉSORMAIS
DU CHAMP DE LA CSRD
Suite aux discussions le 26 février 2025
sur la loi omnibus européenne qui consiste
à opérer un choc de simpli昀椀cation pour
les entreprises, la CSRD (Corporate
Sustainability Reporting Directive) a
fortement été amputée puisque 80% des
entreprises ne seront plus concernées par
cette directive. Seules seront désormais
concernées les structures de plus de
1 000 salariés et dont le chiffre d’affaires
est supérieur à 50 M€ ou le bilan supérieur
à 25 M€. Rappelons que la CSRD (Corporate
Sustainability Reporting Directive en
anglais) devait 昀椀xer de nouvelles normes
et obligations de reporting extra昀椀nancier
sur les données ESG (environnementaux,
sociaux et gouvernance) pour un grand
nombre d’entreprises y compris les PME
et les ETI. Ce changement soudain fait
suite à la simpli昀椀cation que réclament les
entreprises notamment les PME et ETI,
certains organismes et politiques français et
européens. De plus, la politique américaine
contraint aussi indirectement l’Europe à
changer de cap sur son Pacte vert.
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