LMi-MAG26 Juillet - Flipbook - Page 14
ENTRETIEN
Julien NICOLAS
directeur du numérique de la SNCF
Keolis. Dans ce maillage, SNCF Connect & Tech, lié à
l’entité Voyageurs, réalise les objets numériques notamment reliés à la distribution, la billettique et l’information
voyageurs.
Comment évolue ce budget ? Quels leviers
actionnez-vous pour dégager des capacités
d’investissement ?
J. N. : Nous continuons d’investir sur notre SI, qui 昀椀gure
parmi les leviers de transformation pour atteindre un
des grands objectifs du groupe, le doublement de la part
modale du rail en France. Aujourd’hui, 10% des mobilités
sur le territoire sont assurées par le train, nous souhaitons
que cette part atteigne 20%. En parallèle, nous devons réaliser des e昀昀orts importants, car nous rentrons en pleine
concurrence avec d’autres acteurs sur l’ensemble de nos
activités. Ce travail mêlant performance économique
et réinvestissements a démarré ces dernières années
et a accéléré lors des JO, au cours desquels nous avons
modernisé des pans de notre SI, travaillé sur la robustesse
et la résilience de nos systèmes. Par exemple, quand nous
migrons dans le cloud, nous en pro昀椀tons pour faire du
refactoring, a昀椀n d’amener l’application à l’état de l’art. S’y
ajoute un travail minutieux de cartographie pour identi昀椀er les applications à décommissionner.
Dans les grands objectifs que nous visons, la qualité
de service proposée à nos métiers, donc à nos clients,
arrive en premier et elle passe par la résilience, la robustesse ou la cybersécurité. L’entrée de plain-pied dans
le monde de la concurrence rend la question de la performance économique également très prégnante. En昀椀n,
nous devons continuer à investir pour l’avenir, ce qui se
traduit, par exemple, par une accélération sur l’IA.
sujet de l’obsolescence, pour améliorer notre résilience
et la robustesse des SI. Nous avons nommé un responsable du sujet et adopté une démarche pragmatique, via
une première cartographie des éléments obsolètes et un
état d’avancement de leur mise à jour ou de leur décommissionnement jusqu’aux JO. Ce qui a permis de réduire
très fortement le niveau d’obsolescence. Aujourd’hui,
nous travaillons à conserver cette hygiène, pour ne pas
retomber dans des niveaux d’obsolescence trop importants. Nous avons une méthode et des KPI partagés régulièrement au sein du Codir numérique. Nous avons allégé
la structure programme mise en place pour les JO, mais
conservé les indicateurs qui en sont issus.
Vous insistez sur la performance économique
de l’IT, en tant que composante de votre
positionnement sur un marché désormais
concurrentiel. Est-ce à dire que vos ratios
économiques sont aujourd’hui moins bons
que ceux de certains de vos concurrents ?
J. N. : Pour proposer nos solutions de mobilité au meil-
leur prix, nous travaillons sur l’ensemble des leviers,
numérique compris. Nous engageons donc les équipes
IT sur l’atteinte de ces objectifs économiques et sur la
frugalité des solutions, c’est-à-dire leur juste dimensionnement. Ce qui passe par un travail étroit avec les
métiers pour retenir les fonctions essentielles.
Par ailleurs, si nous optons pour une solution du marché, nous nous astreignons à coller à celle-ci. Nous ne
l’achetons pas pour la tordre, comme cela pouvait être
le cas il y a quelques années, alourdissant tant les coûts
de développement que d’exploitation. [Lire l’intégralité
de l’entretien sur lemondeinformatique.fr]
APPROFONDIR
Quel rôle ont joué les JO dans votre stratégie IT ?
J. N. : La fenêtre des JO a été une opportunité de porter
très haut des sujets numériques. Nous avons par exemple
internalisé l’expertise en cybersécurité au sein de notre
fabrique numérique, e.SNCF Solutions. Cela représente
actuellement une centaine de personnes spécialisées,
alors qu’il y a trois ou quatre ans, cette activité était totalement externalisée.
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Comment gérez-vous la dette technique ?
J. N. : Là encore, les JO nous ont aidés. Dix-huit mois
avant l’événement, nous avons pris à bras-le-corps ce
14 / juin / juillet / août 2025
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