LMi-MAG26 Juillet - Flipbook - Page 17
« NOTRE OBJECTIF
EST BIEN D’ÉTEINDRE
NOTRE SYSTÈME LEGACY »
L’opérateur de paris hippiques, qui s’est diversifié dans le sport et le poker, s’est attaqué
à la rénovation de son SI historique sur le cloud d’AWS. Soit plusieurs millions de lignes
Cobol à détricoter et à réécrire. De premiers obstacles ont été franchis.
Propos recueillis par Reynald Fléchaux
n 2024, PMU a opéré 1,7 milliard de
transactions, avec des pics à plus de
2 000 transactions/seconde. « Ce sont
des volumes assez comparables à des
plateformes 昀椀nancières », résume son
DSI, Stéphane Boulanger. Une heure
d’activité moyenne représente ainsi
450 000 transactions et 40 000 mouvements de comptes.
E
Des volumes signi昀椀catifs et une activité tournant 24 heures
sur 24 et 7 jours sur 7, du fait de la présence de l’opérateur
à l’international, qui pèse 20% de l’activité. C’est, avec ces
cartes en mains, que Stéphane Boulanger a lancé son pari :
un programme de modernisation des systèmes d’information, visant à sortir d’un legacy pour aller progressivement
vers le cloud. Point d’étape, deux ans après avoir détaillé
ce projet d’ampleur dans nos colonnes.
Il y a deux ans, vous nous aviez présenté les
grandes lignes de votre programme de migration
vers le cloud. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Stéphane Boulanger : Sur le pari hippique, nous
gérons un peu moins de 10 milliards d’euros chaque
année. Ce qui rend tout Big Bang beaucoup trop risqué,
donc nous avons choisi une migration par lots. Notre
système de totalisation de paris était écrit en Cobol, avec
quelque trois millions de lignes écrites il y a vingt-huit
ans. Nous avons découpé sa refonte complète en quatre
lots, en nous attaquant d’abord aux activités online
- soit 15% du total - et à la totalisation des enjeux sur ces
canaux, sachant que l’ensemble de l’expérience client a
déjà été rénové pour ce pan de notre activité. Le 12 mars
dernier, une partie significative des e-paris, représentant un peu plus de 700 millions d’euros de chi昀昀re
d’a昀昀aires, a migré vers une stack technique moderne
sur le cloud. C’est un tournant décisif pour ce système
traitant 4,7 millions de paris hippiques par jour. Avant
tout, nous voulions renforcer nos capacités d’innovation
sur ce marché où nous sommes en concurrence, cette
concurrence allant d’ailleurs en s’intensi昀椀ant. Il nous
fallait donc aller le plus vite possible vers une plateforme
à l’état de l’art pour nous doter de capacités d’innovation supplémentaires. Les systèmes legacy étaient une
contrainte pour mener à bien certaines évolutions et
enrichir l’expérience de nos clients.
Sur un plan technique, cette migration nous permet aussi
d’optimiser nos infrastructures et d’améliorer notre résilience. On passe d’un environnement Cobol, DB2 PureScale,
AIX et serveurs p-series à des back-end Java, des microservices et des architectures event-driven, couplés à des
services natifs d’AWS. Ce n’est pas une migration, mais
bien un redéveloppement, en repartant des besoins des
clients et des métiers et en opérant une digitalisation de
nos processus. C’est aussi pour cela que ce type de projet
prend du temps : ce ne sont pas que des sujets IT. D’où le
besoin d’une démarche commune avec les métiers, pour
laquelle la méthode Safe est un appui précieux.
SUITE
DE L’ENTRETIEN
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