LMi-MAG26 Juillet - Flipbook - Page 24
ENTRETIEN
Jean-Philippe FAURE
DSI d'Eiffage
« LE R.O.I. DE L’IA,
C’EST LE TAUX D’ADOPTION
PAR LES MÉTIERS »
Dans le domaine de l’IA générative, le DSI d’Eiffage, Jean-Philippe Faure, est parti
des besoins métiers et s’est appuyé sur la plateforme de Google. Une approche pragmatique
basée sur la valeur apportée aux métiers et sur une acculturation progressive.
Propos recueillis par Jacques Cheminat
Quelle était la genèse du projet IA
au sein d’Eiffage ?
Jean-Philippe Faure : Le début du projet que nous
souhaitions lancer était une initiative autour de la data
et de l’IA en construisant un data hub. Nous avions déjà
des choses autour de la 昀椀nance, mais la volonté de la
direction générale était de voir si nous pouvions agréger
d’autres données structurées ou non. Nous avons donc
cherché une solution technique pour arriver à la fois sur
ce data hub et aller après sur des solutions IA. Il était
possible de faire d’une pierre deux coups.
Quel a été le choix technologique ?
J.-P. F. : Nous avions déjà du Big Query de Google Cloud
pour la 昀椀nance, mais nous voulions quelque chose qui
fédère toutes les données structurées ou non dans un
même environnement. Après plusieurs tests, nous avons
considéré que Big Query était la solution qui répondait à
nos attentes. Puis avec la plateforme Vertex AI [Gemini à
Imagen, des modèles tiers comme Anthropic Claude et
de Mistral AI, ndlr], nous allions avoir un package autour
de la collecte, le traitement et l’utilisation des données.
Vous saviez déjà que vous vouliez aller sur l’IA ?
J.-P. F. : Les technologies évoluent très rapidement.
Nous avons signé avec Google Cloud en décembre 2023 et
dans les quatre premiers mois de 2024, nous avons mis en
24 / juin / juillet / août 2025
place nos fondations data. Et en mai 2024, nous avons fait
notre IA Day en ayant à l’esprit de travailler pour toutes
les branches du groupe, tous nos métiers à travers des cas
d’usage communs. Mon paradigme est de ne pas servir un
ROI, mais le plus grand nombre et qu’ils en tirent béné昀椀ce
dans leur vie quotidienne.
Vous avez démarré avec un petit groupe,
comment avez-vous choisi ?
J.-P. F. : Nous avons travaillé avec une équipe de pionniers choisis par les métiers. Ils étaient une quarantaine
avec une dizaine de personnes au sein de l’IT. Au total,
une cinquantaine de personnes ont été sollicitées sur
un cas d’usage. En premier lieu, nous avons véri昀椀é si, du
point de vue de la data, nous étions capables de le traiter
ou pas. Puis trouver le cas d’usage peut être di昀케cile et
compliqué, il peut béné昀椀cier d’un e昀昀et waouh moindre
et avoir un impact plus important sur la productivité.
Finalement, nous avons élaboré 15 cas d’usage à livrer en
un an. J’avoue que quand je vois mes confrères avoir 200,
300, 400 ou 500 cas d’usage, je leur dis soit vous êtes très
riches, soit vous êtes très malheureux.
Pouvez-vous nous parler de ces cas d’usage ?
J.-P. F. : Le premier, c'est le cas qui fait le plus de sens
d'un point de vue métier, c'est le DCE, dossier de consultation des entreprises. Nous répondons à des appels
d’o昀昀res et c’est toujours la même structure. A travers