LMi-MAG27 Sept - Flipbook - Page 24
ENTRETIEN
Alessandro FIORENTINO
DPO chez Adequacy
« LE DPO AIDE LE RSSI
À RÉPONDRE AU PRINCIPE
DE RESPONSABILITÉ »
Pour Alessandro Fiorentino, le DPO est à la base un chef d’orchestre de la démarche
de l’entreprise pour assurer sa conformité avec le RGPD. Mais, face à l’inflation
des réglementations, il pourrait même devenir un compliance officer de la data.
Alessandro Fiorentino défend aussi la souveraineté technologique de l’Europe.
Propos recueillis par Benoit Huet
Quelle est votre mission en tant que DPO
chez Adequacy ?
Alessandro Fiorentino : En tant que DPO chez
Adequacy, un éditeur qui propose une plateforme SaaS
d’accompagnement à la mise en conformité RGPD, ma
mission est double. D’une part, je dois assurer la conformité des données à caractère personnel dans mon
entreprise pour toute la partie RH (ressources humaines)
et pour toute la partie clients & prospects où nous avons
un rôle de « responsable de traitement ». D’autre part,
comme nous agissons en tant que sous-traitant, je dois
aussi m’assurer des obligations envers nos clients, le
DPO sert à 昀氀uidi昀椀er la démarche avant-vente et à optimiser le facteur de con昀椀ance. Nous avons une obligation
d’assistance qui se traduit principalement par la fourniture d’information, les catégories d’activités de traitement que nous assurons et la garantie des mesures de
sécurité mises en œuvre.
Face aux enjeux actuels, la souveraineté revient
sur le devant de la scène, qu’est-ce que cela vous
inspire, les entreprises doivent-elles choisir en
priorité des solutions françaises et européennes
dans leur transformation numérique ?
A. F. : Les enjeux d’extraterritorialité des textes ont
impacté le droit à la vie privée et ont également mis
en exergue des e昀昀ets de bords concomitants à notre
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souveraineté technologique. L’Europe est aujourd’hui
dépendante d’un grand nombre de services américains
et prend tout juste conscience de l’impact de ses usages
sur le respect de sa vie privée et sur sa souveraineté.
Nous avons laissé les choses se faire en choisissant la
facilité d’usage à la place de créer nos propres solutions. Le résultat, c’est vingt ans de retard et un réveil
di昀케cile. Aucune stratégie de dégafamisation ne viendra de l’Europe, les impacts économiques pour notre
continent seraient trop importants. Pour un décideur,
ce dont nous parlons se traduit nécessairement par des
budgets de fonctionnement à rebasculer sur de l’investissement alors qu’ils ont tous fait l’inverse il y a dix ans.
Malheureusement, assurer notre autonomie stratégique
aura forcément des impacts sur notre compétitivité à
court terme. Pour faire simple, tant que notre vision sera
voilée par nos objectifs de productivité ou de résultats
à court terme, rien ne changera. Nous devons prendre
position par des actes forts, bousculer nos habitudes,
arrêter d’avoir une vision à court terme pour protéger
notre société d’une économie mondialisée. La souveraineté n’est pas synonyme d’autarcie, elle est synonyme
d’autonomie. Il s’agit de garder notre faculté de choisir,
de décider.
Justement, que pensez-vous de ce coût
pharaonique, 264 milliards d’euros,
dû à la dépendance de l’Europe aux entreprises
américaines dans le domaine du cloud
et des logiciels ?