LMi-MAG27 Sept - Flipbook - Page 8
ENTRETIEN
Caroline RATTIER-ROBERT
DSI de Marseille
« POUR LA CYBERSÉCURITÉ,
NOUS AVONS BEAUCOUP
PROGRESSÉ AVEC
L'INSTALLATION D'UN SOC »
A la tête des systèmes d'information de la deuxième ville de France, Caroline Rattier-Robert
a mené depuis trois ans un important chantier de transformation de la DSI, en lien
avec les ambitions de la nouvelle mandature. Et accentué la politique en faveur de l’open
source, y compris sur le collaboratif.
Propos recueillis par Reynald Fléchaux
rrivée à la tête de la DSI de Marseille
il y a près de trois ans, Caroline
Rattier-Robert s’est lancée, en
ligne avec les ambitions politiques
de la nouvelle mandature, dans
une remise à plat de la DSI de la
ville, de sa gouvernance, de ses
processus et de ses relations avec
les métiers. La DSI décrit une « mission d’équilibriste »,
dont la réussite repose largement de l’engagement des
équipes de la municipalité, selon elle. Soit les quelque 160
agents que compte le département IT de la ville, auxquels
s’ajoutent 20 à 30 externes.
A
Vous êtes arrivée à la tête de la DSI de Marseille
il y a près de trois ans. Quelles étaient
alors les priorités ?
Caroline Rattier-Robert : Je suis arrivée e昀昀ectivement environ un an après l’installation de la nouvelle
mandature. La DSI à l’époque était somme toute peu sollicitée par les métiers, les relations entre ces derniers
et l’informatique étant assez distendues. Or, alors que
sous la mandature précédente la DSI était peu visible et
avait une place modeste dans la stratégie de la ville, elle
s’est tout d’un coup retrouvée au cœur des ambitions et
la transformation de la municipalité.
8 / septembre / octobre / novembre 2025
Nous avons redéfini l’ensemble de la gouvernance IT à
l’échelle de la ville. On ne parle pas ici uniquement d’un
processus, mais bien d’une transformation culturelle : comment explique-t-on que le système d’information appartient aux métiers ? Comment accompagner ces derniers
dans la compréhension de leur système d’information ?
Comment mettre en place des instances pour assurer le
dialogue sur l’évolution de ces SI ? Tous les trimestres, nous
avons ainsi instauré un dialogue de gestion avec chaque
directeur général adjoint a昀椀n qu’il ait une vision complète
de son SI, du run, du suivi des incidents et des demandes
sur les projets. En parallèle, le comité de direction générale béné昀椀cie d’une visibilité sur le portefeuille consolidé,
une instance placée auprès du directeur général arbitrant
la feuille de route métiers, la feuille de route technique, les
priorités, les budgets, etc. A ces instances s’ajoute un circuit
permettant de faire remonter les besoins plus immédiats
à la DSI. C’est un jeu d’équilibriste entre besoins à moyen
terme et mode pompier que connaissent bien les DSI, mais,
dans des collectivités, il est particulièrement important car
les commandes politiques peuvent arriver très vite.
Quels ont été les chantiers prioritaires
pour accompagner cette transformation ?
C. R.-R. : La particularité de ma mission, c’est d’embrasser un grand nombre de sujets tout en impulsant