LMi-MAG28 Dec - Flipbook - Page 19
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PROFIL LINKEDIN
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Ancien journaliste au quotidien économique
Nikkei, Sekiguchi Waichi est depuis l'année 2019
le président de MM Research Institute.
Un autre facteur de notre succès était que l’ampleur des
investissements dans les semi-conducteurs au Japon était
encore faible à l’époque, ce qui permettait de prendre des
décisions d’investissement 昀氀exibles et rapides au niveau
des responsables des divisions commerciales. En outre,
l’émergence au Japon de fabricants d’équipements et de
matériaux pour la fabrication de semi-conducteurs très
compétitifs nous a permis de mettre en place un système
capable de gérer tout le processus, de la conception à la
fabrication et à la vente, ce qui nous a permis d’établir un
avantage international. A l’époque, les semi-conducteurs
étaient fabriqués par des fabricants d’électronique générale au Japon, et nous avons eu la chance de disposer en
interne de fournisseurs de semi-conducteurs pour les
appareils électroménagers et les ordinateurs personnels.
Pourquoi l’industrie japonaise des semiconducteurs, qui dominait le monde jusqu’au
début des années 1990, a-t-elle décliné ?
Quelles en sont les causes fondamentales ?
La technologie, la politique ou la culture
d’entreprise ?
De son côté, le Japon, avec son style de gestion pour les
équipements électroménagers, a encouragé la production de masse tirée par la demande intérieure. Cela a
conduit à une expansion de la part de marché, mais l’intensi昀椀cation de la concurrence sur les prix a conduit à ce
qui était perçu comme du dumping. En outre, les entreprises japonaises avaient une forte tendance à l’autosu昀케sance et étaient réticentes à adopter activement des
semi-conducteurs de fabrication américaine dans leurs
produits.
C’est dans ce contexte que la première phase de l’accord
américano-japonais sur les semi-conducteurs, conclu
en 1986, comprenait une « lettre d’accompagnement »
(document con昀椀dentiel) dans laquelle le gouvernement
japonais s’engageait à porter à 20 % la part de marché des
semi-conducteurs fabriqués à l’étranger. Il s’agissait en
fait d’une intervention sur le marché qui a eu un impact
majeur sur la structure industrielle nationale. De plus, la
deuxième phase de l’accord a rendu explicite cet objectif
d’ouverture du marché, intensi昀椀ant la pression en faveur
d’une transformation structurelle de l’industrie japonaise
des semi-conducteurs. Cela a progressivement a昀昀aibli la
compétitivité des entreprises japonaises et entraîné un
déclin de leur position sur le marché mondial.
Y avait-il des préjugés techniques ou
des problèmes de culture d’entreprise ?
[Lire l’intégralité de l’entretien sur lemondeinformatique.fr]
APPROFONDIR
S. W. : La perte de compétitivité de l’industrie japonaise
des semi-conducteurs n’est pas due à une seule cause,
mais plutôt à l’interaction complexe de plusieurs facteurs.
Le plus grand tournant a été l’échec politique symbolisé
par l’accord nippo-américain sur les semi-conducteurs.
Au départ, les Etats-Unis détenaient une part écrasante
du marché des semi-conducteurs, mais les entreprises
japonaises ont rapidement amélioré leurs capacités technologiques et leur capacité de production, renforçant ainsi
leur présence sur le marché mondial. Cependant, pour les
Etats-Unis, les semi-conducteurs sont également au cœur
de l’industrie de la défense nationale et, du point de vue de
la sécurité, la mé昀椀ance à l’égard du Japon, qui prenait la
tête du marché, allait croissant. En réponse à cette opinion
publique grandissante, le gouvernement américain a commencé à exhorter le Japon à ouvrir son marché.
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