LMi-MAG28 Dec - Flipbook - Page 25
© Jaguar Land Rover
(259 M€, NotPetya), Target (259 M€, compromission du
système de paiement en 2013). Notons que la cyberattaque, « très sophistiquée et ciblée », qui a visé le distributeur britannique Mark & Spencers plus tôt dans
l’année, a coûté 345 M€ selon le distributeur. Certes, des
entreprises de sécurité ont évalué des coûts supérieurs
pour les failles qu’ont connues les firmes américaines
TJX Companies (3,9 Md€, suite au vol de 45 millions de
données de cartes de crédit entre 2005 et 2007) et Epsilon
(3,4 Md€, suite à la perte de données sensibles en 2011),
mais celles-ci se basent plutôt sur des estimations reposant sur le coût unitaire d’une perte de donnée.
Sur la chaîne de montage Jaguar Land Rover de Halewood,
non loin de Liverpool. La reprise de la production
dans les usines du groupe sera progressive.
dommageable financièrement jamais arrivé au RoyaumeUni », indique Ciaran Martin, président du comité technique du CMC, à la BBC. Plus précisément, l’organisme
prévoit une facture comprise entre 1,6 et 2,1 milliards de
livres (de 1,8 à 2,4 Md€), qui pourrait encore s’alourdir « si
les technologies opérationnelles ont été significativement
touchées ou s’il y a des retards inattendus dans le retour de
la production aux niveaux d’avant l’événement ».
Pour calculer la facture que va laisser l’attaque contre
Jaguar Land Rover, le Cyber Monitoring Center a quant
à lui uniquement additionné les pertes opérationnelles :
interruptions de production et limitation de celle-ci lors
de la phase de reprise progressive, coût de la réponse à
incident et de la reconstruction des systèmes, impacts
dans la supply chain du constructeur, réduction des
ventes dans le réseau de distribution, pertes essuyées
par d’autres prestataires du groupe (service, transport,
exportation...) ainsi qu’effets négatifs sur l’économie
locale. Ce qui signifie aussi que le total calculé par le CMC
n’intègre aucune perte financière qui proviendrait de la
fuite de données qui a apparemment touché le constructeur, de l’éventuel paiement d’une rançon ou de possibles
procès contre Jaguar Land Rover, émanant par exemple
de partenaires.
Les pires pertes opérationnelles de l’histoire
Si la crise cyber de Jaguar Land Rover est la plus coûteuse de l’histoire de la Grande-Bretagne, elle semble
aussi être la facture la plus lourde jamais essuyée par
une entreprise et son écosystème suite à une cyberattaque. En effet, si des crises à grande échelle, comme
WannaCry en 2017 ou le bug de CrowdStrike en 2024, ont
entraîné des pertes supérieures, jamais une entreprise
ne semble avoir été confrontée à des conséquences de
cette ampleur.
En 2017, la société financière Equifax avait dû s’acquitter de près de 2 Md$ (1,7 Md€) de dommages et intérêts (auprès des consommateurs et du gouvernement
américain) suite à son piratage massif. Derrière ce cas
dépassant le seuil du milliard d’euros, les affaires les plus
significatives se chiffrent plutôt en centaines de millions : Merck (750 M€, NotPetya en 2017), Yahoo (405 M€,
suite à deux failles en 2013 et 2014), TNT Express (345 M€,
NotPetya), Saint-Gobain (331 M€, NotPetya), Maersk
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