LMi-MAG28 Dec - Flipbook - Page 46
DOSSIER
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Innovation
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Virtualisation OT : la révolution
des automates industriels
L
a virtualisation, qui a transformé les systèmes
d’information dans les années 2000 en offrant
flexibilité et optimisation des ressources serveurs,
gagne désormais le secteur de l’automatisation
industrielle (OT) avec le software defined automation.
Selon les cabinets Gartner et Forrester, cette tendance
s’accélère sous l’impulsion de l’industrie 4.0, du cloud et
de l’IoT industriel. Les automates industriels physiques,
robustes et dédiés, laissent progressivement place à des
automates virtuels ou vPLC (Virtual PLC), déployés sur des
serveurs, PC durcis ou en mode cloud. Cette mutation,
comparable à l’essor des hyperviseurs et machines
virtuelles, promet une nouvelle flexibilité pour les usines
tout en générant des économies majeures. Pour Gartner,
la virtualisation des automates industriels multiplie les
avantages : réduction du matériel à installer, maintenance
facilitée, déploiement rapide d’instances automatisées ou
de clones pour tests et redondance, migration logicielle
facilitée. Les solutions comme Siemens S7-1500V, Codesys
Edge et Schneider EcoStruxure illustrent cette nouvelle
approche où la couche logicielle prime sur le matériel
dédié. De son côté, Forrester insiste sur le rôle clé du
cloud privé et des alternatives aux solutions historiques
comme VMware, avec une montée en puissance des
plateformes Kubernetes, Nutanix ou du Edge Computing
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industriel permettant d’héberger et de superviser les
automates virtuels à distance. La gestion des données et
la sécurité deviennent centrales, tout comme l’intégration
native de l’OT avec les environnements IT et les moteurs
d’intelligence artificielle.
Eviter l’investissement immédiat
dans du matériel coûteux
Cependant, cette virtualisation rencontre des limites. Les
automates physiques gardent l’avantage en matière de
robustesse, de traitement en temps réel et d’indépendance
vis-à-vis du système d’exploitation, exigences critiques
pour de nombreux secteurs industriels. Les risques sur
le réseau ou l’infrastructure — interruptions, latence,
cybersécurité — obligent à adopter une approche
hybride, combinant automates physiques et virtuels
selon les applications et niveaux de criticité. En pratique,
les automates virtuels sont déjà plébiscités pour la
formation, le prototypage, la maintenance prédictive
ou les environnements de tests, réduisant les coûts et
facilitant l’innovation. Les start-ups industrielles peuvent
ainsi éviter l’investissement immédiat dans du matériel
coûteux, tout en profitant des capacités de simulation et
de gestion centralisée offertes par le cloud.