LMi-MAG28 Dec - Flipbook - Page 48
DOSSIER
Innovation
contextualisées, mais aussi fournir des résultats plus
rapidement. Il existe de nombreux exemples de DSLM.
Parmi eux, on trouvera par exemple BloombergGPT,
FinGPT et FinBERT (finance), ChatLaw (juridique),
ClimateBERT (risques climatiques), KAI-GPT (banque),
PubMed GPT et Med-PaLM 2 (médical)...
Les DSLM sont-ils plus pertinents que les LLM et peuventils s’y substituer ? Pas si sûr. S’ils savent apporter des
réponses plus pertinentes en répondant avec davantage de
nuances et en comprenant mieux les enjeux d’un domaine,
ces derniers restent tout aussi dépendants de la qualité et
de la quantité des données utilisées pour l’entraînement.
De même, le développement et le réglage de ce type de
modèles nécessitent aussi des ressources importantes
(temps, expertise, puissance de calcul...) pour donner des
résultats satisfaisants. En s’adaptant de manière excessive
aux données d’entraînement, un risque non négligeable de
baisse de performance sur des données inconnues ou liées
à des changements d’environnement, doivent également
être considérées.
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© Daniel Octavian Unsplash
Souveraineté numérique : une notion
aux multiples alternatives
P
ortée par les tensions internationales et les
réflexions sur la dépendance technologique, la
notion de souveraineté numérique se développe
au sein des entreprises et des administrations.
Le catalogue des alternatives aux solutions étrangères
s’étoffe. En quelques mois, la question de la souveraineté
numérique a pris une dimension importante pour
les organisations européennes et françaises. Sous la
pression des aléas de la politique américaine et des
pratiques commerciales de certains éditeurs, elles
envisagent d’adopter des solutions alternatives.
Une orientation qui touche plusieurs domaines
Le plus emblématique est celui des outils de bureautique
et collaboratifs tant la domination de Microsoft et Google
est forte. Cependant, l’offre souveraine s’étoffe avec
plusieurs initiatives comme Jamespot, Wimi, Mailo,
Leviia, Mail in France de Cheops Technology, Tixeo,
Linagora ou Private Discuss du Lyonnais Piman, qui
vient de signer un contrat avec EDF. Par ailleurs, l’Etat
se mobilise via la Dinum en développant une suite
numérique pour les agents ou en poussant la messagerie
Tchap auprès des ministères. Dans le domaine des
applications métiers, il existe plusieurs options aux
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éditeurs américains. Parmi eux et premier au Top 250
des éditeurs français, Dassault Systèmes rivalise dans le
PLM avec Autodesk ou PTC. On peut citer aussi Cegedim
dans le secteur de la santé ou Orisha éditant des logiciels
pour plusieurs activités (retail, BTP…). Pour la gestion de
paie et les RH, Cegid constitue une autre direction que
Workday ou Oracle.
Même dans l’infrastructure IT, des options nationales
ou européennes existent. Ainsi sur la virtualisation,
l’entreprise française Vates promeut son hyperviseur
XCP-ng, un fork open source de XenCenter en
remplacement d’ESXi de VMware. Même ambition pour
la société autrichienne Proxmox, qui commence à séduire
les clients déçus de Broadcom. Face à Snowflake ou
Databricks, l’Allemande Stackable a créé une plateforme
de données qui s’appuie sur une architecture entièrement
native Kubernetes et déployable uniformément dans tous
les environnements. Dans le domaine de la cybersécurité,
l’EDR des acteurs américains peut être échangé par les
offres de Harfang Lab ou iTrust. Quels que soient les
secteurs, il existe donc des solutions et des services
souverains, mais comme l’indique Jean-Noël de Galzain,
président de Hexatrust, « il faut maintenant passer à l’acte
et que les commandes se signent ».