LMi-MAG29 mars - Flipbook - Page 17
Les réflexions au sein de cette feuille
de route intègrent-elles l’IA agentique,
donc potentiellement l’automatisation
complète de certaines tâches ?
la plateforme. Le cœur de métier de l’Agence, c’est de
faire le nécessaire pour être au rendez-vous des volumétries du 1er septembre 2026 et au-delà. Car la montée
en charge sera progressive.
E. S. : Cela relève du volet doctrine que je mentionnais
Le PPF (Portail public de facturation, NDLR) sera hébergé
par OVH, sur l’o昀昀re bare metal SecNumCloud de cette
société. L’Agence est d’ailleurs à l’origine de cette o昀昀re
et également son premier client en volume.
précédemment. L’Agence, qui a un rôle de maîtrise d’ouvrage déléguée, ne peut en décider seule. Ce sera à la
gouvernance interministérielle de dé昀椀nir jusqu’où aller
avec cette technologie, sur quelles étapes l’adopter et si la
logique d’agent IA peut être retenue à certains moments.
Il est donc trop tôt pour répondre à cette question.
Mais il n’y aura pas de grand soir de l’IA. Nous déploierons cette technologie étape de processus par étape de
processus. C’est cette addition de déploiements successifs qui débouchera sur des évolutions signi昀椀catives de
la productivité.
Quelles relations avez-vous établies avec
le consortium récemment créé par SAP
et Mistral et annoncé lors du sommet francoallemand sur la souveraineté numérique ?
E. S. : Par rapport à l’EDIC (European Digital Infrastructure Consortium, le consortium européen hébergeant
le codéveloppement SAP-Mistral, NDLR), nous sommes
apporteurs de cas d’usage, mais aussi de contraintes,
notamment en matière de souveraineté et de respect de
la réglementation française. Ce qui n’était pas forcément
naturel.
Dans le cadre de la déclinaison opérationnelle de cet
accord, nous avons déjà convenu avec SAP et Mistral de
démarrer sur un premier cas d’usage portant sur la saisie
des marchés dans Chorus. Une saisie assez chronophage
et complexe, car il faut utiliser l’ensemble des pièces
issues de la notification du marché pour en déduire
les données à entrer. L’idée est de con昀椀er l’analyse des
documents à l’IA et d’aboutir à un préremplissage des
champs. Et on parle ici de 13 000 à 14 000 marchés saisis
par an, auxquels s’ajoutent 30 000 mises à jour des marchés ! Le potentiel en matière de gains de productivité
et d’amélioration de la qualité est donc très intéressant.
L’AIFE porte le développement du PPF,
la plateforme qui sera au cœur de la réforme
de la facturation électronique dont la première
échéance clef est fixée au 1er septembre 2026.
Quelles sont vos priorités sur ce chantier
et quels risques principaux embarque-t-il ?
E. S. : Les premiers éléments auxquels nous sommes
attentifs, ce sont la robustesse et les performances de
Les blocages subis par La Poste durant
la fin d’année 2025 vous ont-ils alertés ?
Un portail de facturation pourrait être une cible
intéressante pour un Etat hostile souhaitant
désorganiser l’économie française...
E. S. : Bien sûr. Mais les services qu’opère l’Agence,
comme la place des achats de l’Etat ou Chorus pro, qui
a reçu près de 90 millions de factures en 2025, sont déjà
des cibles tout à fait intéressantes pour ce type d’acteurs.
Nous gérons donc déjà des problématiques de sécurité
d’ampleur. Et la cybersécurité est au cœur des travaux
qui ont été menés sur la plateforme publique de facturation électronique. Soulignons aussi que l’arbitrage
pris en 2024 (le recentrage du PPF sur des fonctions de
concentrateur et d’annuaire, NDLR), reposant sur le raccordement de plateformes agréées, limite quelque peu
l’exposition directe aux risques, mais l’exposition indirecte subsiste. Cette architecture déporte un certain
nombre d’exigences vers les plateformes agréées qui se
connecteront au PPF. [Lire l’intégralité de l’entretien sur
lemondeinformatique.fr]
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