LMi-MAG29 mars - Flipbook - Page 3
ÉDITO
Menace sur les puces
aïwan est aujourd’hui l’épicentre d’un futur
séisme capable de mettre à genoux les économies occidentales. Sur cette île grande
comme le Maryland se fabriquent près de
90% des puces les plus avancées au monde
(Nvidia, AMD, Broadcom, Qualcomm, Apple… ), qui font
tourner les datacenters, les automobiles, les avions et les
systèmes d’armes. A lui seul, TSMC possède des dizaines
de fabs ultramodernes (jusqu’à 2 nm). Des briefings
classifiés de la CIA ont alerté les dirigeants de la tech :
Pékin pourrait passer à l’attaque d’ici à 2027. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a qualifié cette
concentration de « principale menace pour l’économie
mondiale », un point de défaillance majeur. Un blocus ou
une destruction des capacités de production taïwanaises
plongerait l’Occident dans une pénurie catastrophique
de semiconducteurs. Les Etats-Unis tentent de relocaliser la production, mais les investissements restent
insuffisants face à l’urgence géopolitique. Les usines qui
poussent en Arizona ne seront pas capables d’absorber le
choc d’une rupture brutale avant plusieurs années, alors
que les projets de fonderies en Europe – principalement
TSMC à Dresde avec Bosch, Infineon et NXP – n’entreront
en production qu’en 2027 avec des nœuds de 28–22 nm
et 16–12 nm. Tant que l’Europe et les Etats-Unis accepteront de sacrifier leur résilience stratégique sur l’autel
des marges trimestrielles et écologiques (les fonderies
consomment beaucoup d’eau), la vraie menace sur les
puces restera géopolitique et existentielle.
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Serge Leblal
Directeur des rédactions
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