LMi-MAG29 mars - Flipbook - Page 43
Eloignement maximum : 30 kilomètres
Le choix d’une nouvelle salle IT à Marseille, plutôt que
dans une autre ville de France ou dans un cloud public,
peut surprendre a priori. Mais il s’explique par le temps
de latence maximum qui doit séparer les sites, pour des
raisons intrinsèques aux métiers de la prise de paris.
« Pour éviter des décalages de paris, nous ne pouvons pas
nous éloigner de plus de 30 km de Vitrolles », résume le
directeur technique. Et si AWS possède bien un datacenter à Marseille, il est d’abord exploité par l’hyperscaler
comme un site de sauvegarde des datacenters parisiens.
Les deux salles informatiques, de 500 m2 chacune,
présentent, elles, des configurations identiques, chacune étant dotée de sa propre salle de supervision où
se relaient sept équipes de trois collaborateurs. « Ces
équipes ont à leur disposition 3,4 millions de graphes et
bien sûr des ‘‘méta-graphes’’ permettant de synthétiser
la santé de l’IT », indique le directeur technique. Lors de
notre visite du site, le 22 janvier, le système d’information avait enregistré un pic de 343 transactions/seconde.
« Mais nous sommes montés jusqu’à 1 050 transactions/
seconde et nous effectuons des tests allant jusqu’à 1 800 ! »
souligne Roland Marzo.
Les batteries, le risque incendie n°1
Au sein de chaque salle, les équipements IT sont classiquement rangés en allées chaudes et froides. Même si,
en la matière, la doctrine a pas mal évolué au fil des ans.
« Il y a dix ans, nous refroidissions à 16°C. Aujourd’hui,
les équipements fonctionnent à 24°C et nous ambitionnons de porter cette température à 26°C d’ici à la fin
de l’année. » La résilience locale est assurée par deux
générateurs de 1 000 chevaux pour chaque salle, reliés
à des citernes offrant dix-sept jours d’autonomie au
maximum. Sans oublier des batteries au plomb, prenant le relais durant les quinze secondes nécessaires à
la montée en puissance des moteurs diesel. « Les batteries représentent le principal risque incendie au sein du
datacenter », reconnaît le directeur technique. Comme
l’avaient montré les incendies d’OVH ou du datacenter
gouvernemental en Corée du Sud. Pour surveiller cet
équipement sensible, FDJ renouvelle ses batteries tous
les cinq ans - le risque augmentant avec le vieillissement
- et les a bardées de capteurs, pour en monitorer l’état
Une des deux salles de supervision de Vitrolles. Le SI de FDJ
United a déjà enregistré des pics de 1 050 transactions/seconde
et a testé sa capacité à monter jusqu’à 1 800.
de santé. Une surveillance des émissions d’hydrogène,
un gaz hautement inflammable et caractéristique des
batteries au plomb, est également mise en œuvre.
Si les deux salles s’appuient sur des équipements x86
standards, un équipement fait la particularité de la FDJ :
le GDA, pour gestionnaire d’aléas. Ce serveur spécialisé,
reposant sur du matériel militaire, produit les résultats
des jeux 100% numériques. « Comme l’arrivée des fibres,
ce matériel est hébergé dans une enclave sécurisée au
sein de la salle sécurisée. Nul ne peut y accéder seul et
ne peut toucher le GDA, faute de quoi il se bloque. Et les
règles de génération d’aléas sont modifiées toutes les
quinze minutes », détaille Roland Marzo.
Depuis six mois, les salles de FDJ United se sont aussi
allégées des mainframes, la plateforme historique sur
laquelle fonctionnaient les applications clefs. « A mon
arrivée dans l’entreprise en 2016, on me parlait déjà
d’un décommissionnement prévu pour l’année suivante,
s’amuse Roland Marzo. Le projet a finalement duré neuf
ans, car c’est une plateforme très complexe à retirer, ses
composants étant intimement liés à des flux de comptabilité et de trésorerie. »
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sive, redémarrer aurait demandé deux à trois semaines »,
souligne Roland Marzo, qui entend ainsi se couvrir de
risques majeurs, comme le crash d’un avion sur le campus de Vitrolles. Sans oublier les incendies, même si le
site possède des équipements spécifiques (pour projeter
un brouillard d’eau), qui lui ont permis d’être épargné
lors du feu qui a ravagé Vitrolles en 2016. A l’époque, une
température de 1 000 degrés avait été relevée au haut de
la colline qui surplombe le campus.