LMi-MAG29 mars - Flipbook - Page 8
ENTRETIEN
Olivier BITON
DSI groupe Crédit agricole
« AGIR À L’ÉCHELLE DU
GROUPE SUR LA DATA ET L’IA »
Après avoir mutualisé ses infrastructures au sein de CAGIP, le Crédit agricole se lance
dans la création d’une structure portant la data, l’IA et la confiance numérique. Un levier
pour soutenir des investissements massifs, souligne le DSI groupe, Olivier Biton.
Propos recueillis par Reynald Fléchaux
Après ce qu’il décrit comme un premier virage dans la stratégie d’un
groupe qui accorde une grande
autonomie à ses di昀昀érentes entités
- la création d’une infrastructure
IT commune il y a cinq ans (avec
CAGIP pour Crédit agricole Group
Infrastructure Platform) -, Olivier
Biton estime que la banque aborde ce qu’il quali昀椀e de
« saison 2 ». Décrite dans le plan stratégique Act 2028,
récemment dévoilé, celle-ci se traduit notamment par
une mutualisation de capacités dans la donnée, l’IA et
la con昀椀ance numérique, soit les ressources associées à
la gestion de l’identité des clients et à la sécurisation de
leurs données ; avec une structure, créée dès 2026, et de
premiers choix technologiques qui se pro昀椀lent (notamment sur la data marketplace pour laquelle un appel
d’o昀昀res doit être publié prochainement, après plusieurs
mois de tests).
A
A la fois DSI groupe et directeur général de CAGIP,
Olivier Biton pilote la 昀椀lière technologique d’un groupe
dont le budget IT atteint 5,8 milliards d’euros en 2026.
25 000 personnes travaillent dans les métiers de la technologie au sein de Crédit agricole.
Pourquoi avez-vous pris la décision de créer
une structure transverse data et IA ?
Olivier Biton : Sur la data, il existe déjà énormément
de partages au sein du groupe. Mais vouloir accélérer
sur ce sujet suppose de mettre en place des processus
8 / mars / avril / mai 2026
très outillés, en matière de gouvernance de la donnée,
de pilotage de ses usages, de modalités de partage de
la valeur entre les entités du groupe, a昀椀n de ne plus
être freiné par des partages de point à point. L’enjeu
consiste à industrialiser les partages de données entre
ceux qui en disposent et ceux qui les utilisent, de façon
à moins solliciter les IT des entités exposant les données. L’objectif est de disposer d’un catalogue des données exposées, en temps réel ou en di昀昀éré, associées aux
conditions d’usage.
Comme nous avons créé des structures communes sur
les infrastructures, nous allons vers le regroupement de
la data, de la con昀椀ance et de l’IA - qui forment un tout
cohérent - au sein d’une entité spéci昀椀que à l’échelle du
groupe.
Quel rôle jouera cette future structure
dans le déploiement de l’IA ?
O. B. : En aucun cas, nous ne nous lançons dans une
sorte de labo IA à l’échelle du Crédit agricole qui piloterait son déploiement. Mais, mutualiser un certain
nombre de ressources a un sens économique. C’est le cas
des assistants IA, par exemple. Beaucoup d’initiatives ont
vu le jour dans le groupe. Mais ces solutions doivent être
maintenues et leur convergence vers l’agentique assurée.
Sur ce terrain, nous allons créer des synergies pour retenir une à deux solutions pour le groupe. Cela vaut aussi
pour les socles soutenant le déploiement industriel de
l’IA, autrement dit son intégration dans des processus à
grande échelle de l’entreprise. Sans ces socles communs,